C’est fait ! Le géant allemand Linde a réalisé la plus importante acquisition de son histoire en faisant accroître son chiffre d’affaires de près d’un tiers, devenant ainsi le n°1 des gaz industriels dans le monde. C’est suite à de longues tractations ayant abouti à une fusion Linde Praxair devenue presque inespérée que l’allemand Linde a damé le pion à son éternel rival tricolore Air Liquide. Quels sont les dessous de ce revirement inespéré depuis 2015 ? Comment Air Liquide a-t-il perdu son piédestal ?

La fusion Linde-Praxair : un duo de choc !

Le géant allemand Linde avait entamé depuis deux à trois années, le projet de signature d’un accord de fusion en vue de l’acquisition de son concurrent américain Praxair. Après de longs mois de tractations, toutes les conditions pour fusionner avec l’Américain ont été finalement réunies avec l’aval de la Federal Trade Commission (FTC). Cette fusion Linde Praxair est intervenue à un moment où Air Liquide se sentait bien assis après l’acquisition de son concurrent américain Airgas.

Une fusion inespérée, mais définitive

La concrétisation de la fusion s’annonçait complexe. Il a fallu que Linde et Praxair acceptent de se défaire d’une bonne partie de leurs activités ordinaires pour que la fusion puisse aboutir. Praxair a dû céder l’ensemble de ses usines en Europe au groupe Japonais Taiyo Nippon Sanso et Linde le géant des gaz industriels a dû revoir à la baisse ses intérêts financiers.

Les exigences de la fusion étaient bien nombreuses. Pour que la fusion Linde Praxair puisse aboutir, Linde a dû concéder à Messer et CVC, l’achat de ses actifs en productions d’azote, d’oxygène, et d’argon liquides, soit environs 16 unités de dioxyde de carbone implantées aux États-Unis, de même que 32 unités de scission des gaz de l’air, et pour ne citer que cela. C’est aussi sans compter toutes les exigences de la Federal Trade Commission.

La fusion avec Praxair a donc pris énormément de temps, bien plus que ce qui était prévu. Mais dorénavant, l’accord est scellé.

Une réorganisation des deux groupes à l’horizon

Le géant issu de la fusion Linde Praxair sera dénommé Linde plc. La conséquence directe sur le marché boursier est que le Linde actuel devra disparaître des écrans pour laisser place à Linde plc. Ce qui est déjà fait. En outre, chacun des actionnaires de l’entreprise Praxair se verra attribuer une part sociale correspondant à l’équivalent de celle qu’il détenait dans l’ancienne société de gaz industriels.

Du côté de Linde, partie forte au contrat, les anciens actionnaires se verront attribuer l’équivalent de 1,54 action par titre. Des décisions communes d’un coût de 1,1 à 1,2 milliards de dollars ont également été prises pour amorcer une véritable fusion Linde Praxair.

Du point de vue de la gestion du groupe, le comité directeur du nouveau groupe dispose de 12 sièges équitablement répartis entre Linde et Praxair. Les postes de Président du comité directeur de Linde Plc. et celui de PDG ont été respectivement répartis entre le patron de Linde Wolfgang et celui de Praxair Steve Angel. Les activités de gestion ont été fixées au Royaume-Uni, mais peuvent être réorientées ailleurs sur décision du comité.

Air Liquide en perte de vitesse !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le géant français a été descendu de son piédestal après la fusion Linde Praxair. Air liquide n’aura tenu que trois années devant son éternel challenger après lui avoir damé le pion suite à son acquisition du groupe Airgas. Et comme par ironie, c’est la même arme utilisée par Air liquide que le géant allemand des gaz industriels a retournée contre le français.

Linde retrouve définitivement et pour un bon moment, son trône de leader mondial. Et s’il continue dans le sens de l’efficacité qu’on lui connaît, la présente fusion pourrait marquer la fin d’une forte concurrence que lui livre le géant tricolore. Depuis le 22 octobre 2019 où il a affirmé avoir réuni toutes les conditions pour la fusion Linde Praxair, Linde a entamé la dernière ligne droite de son opération du siècle.

Le nouveau géant peut se targuer d’avoir à son actif :

  • un effectif de 80 000 salariés ;
  • une capitalisation boursière d’environ 78 milliards d’euros ;
  • et un chiffre d’affaires de l’ordre de 24 milliards d’euros.